Artisan de certaines des plus importantes opérations de fusions-acquisitions des vingt dernières années, Olivier Assant compte parmi les personnalités emblématiques de Bredin Prat. Retour sur le parcours d’un avocat qui recherche les défis… Et les relève.

C’est un homme discret qui m’accueille au sixième étage des bureaux de Bredin Prat. À ce niveau, que j’imagine réservé aux principaux associés de ce grand cabinet parisien, point de revêtement moderne. Nous traversons des couloirs dont le sol, couvert d’une mosaïque centenaire, force l’étonnement du visiteur. Olivier Assant est ici chez lui. Arrivé stagiaire trente ans plus tôt, il a su grandir et s’épanouir à l’ombre des géants – Jean-François Prat en tête. À l’aise et immédiatement chaleureux – le tutoiement est de mise –, Olivier me sert un cappuccino et nous installe dans son bureau. Je suis saisi par l’immense photographie de Gregory Crewdson qui trône aux côtés d’autres photos qui représentent, cette fois, ses cinq enfants.

Parmi eux, pas d’avocat en devenir, mais un biologiste et un physicien quantique. Des passions peut-être héritées de leur père, tant les yeux d’Olivier s’illuminent lorsqu’il évoque sa fascination pour les ouvrages de Stephen Hawkings, Carlo Rovelli, Daniel Kahneman ou Stuart Russel. Mais si les sciences dures l’intéressent, c’est dans une toute autre matière qu’il a très tôt fait parler de lui. À 29 ans, Olivier Assant devient associé de Bredin Prat. Une promotion particulièrement rapide et – disons-le – inenvisageable aujourd’hui, qui témoigne d’une ascension éclair au sein d’un cabinet réputé pour son exigence. Passé par l’Essec, stagiaire chez Goldman Sachs et McKinsey, le jeune titulaire du Capa choisit finalement d’exercer chez Bredin Prat. Au programme d’une carrière déjà prometteuse, les grandes fusions-acquisitions boursières des années quatre-vingt-dix, orchestrées de main de maître par Jean-François Prat.

Trois décennies plus tard, Olivier Assant se souvient de ces dossiers de place qui ont jalonné son parcours : l’aventure Vivendi-Universal, l’épopée de Robert Louis-Dreyfus, la cession stratégique d’Alstom Energie à General Electric ou encore l’odyssée de Xavier Niel et du groupe Iliad. Des opérations déterminantes et une proximité revendiquée avec les grands entrepreneurs de sa génération. Et lorsqu’on lui demande si lui-même s’imagine un jour à la tête de sa propre affaire, la réponse ne tarde pas : "Mon métier c’est d’accompagner des gens brillants dans les moments charnières de leur vie et je suis au meilleur endroit pour le faire."

Le talent et le travail lui ont permis de se faire un nom. Mais sa place parmi les plus grands avocats d’affaires de sa génération, Olivier Assant la doit à un tempérament jusqu’au-boutiste. Fan assumé du Grand Bleu et de Rocky 3, il a le goût des défis, notamment sportifs. Celui que ses meilleurs amis surnomment "super-mutant" a couru le marathon en 2h46  et le Marathon des Sables à deux reprises. À 51 ans cependant, il préfère le tai-chi et le ski de randonnée à la course à pied. Mais sa philosophie reste la même : "Ce que je fais, j’aime le faire à fond !" Mon rendez-vous touche à sa fin. Il est plus de 20h. Pas de closing nocturne en vue. Sa soirée, Olivier la passera autour d’une table de poker, entouré d’amis de longue date. Un moment simple, amical et en même temps intense. Un peu à l’image de mon entretien avec Olivier Assant.

Pierre Netter

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