Karl Hepp de Sevelinges savait qu’il lui fallait un métier nomade. Le droit appliqué au monde des affaires était fait pour lui. De Kiev à Paris en passant par New York, le co-managing partner de Jeantet a toujours réussi à avoir la tête dans les nuages tout en gardant les pieds sur terre. Portrait.

C’est dans les bureaux parisiens de Jeantet que nous rencontrons Karl Hepp de Sevelinges. L’avocat, également co-managing partner du cabinet, est fier d’être en mesure d’intervenir en tant que chef d’entreprise, sans pour autant négliger ses dossiers et les clients qui lui accordent leur confiance. Son métier, il l’a choisi jeune. Lui qui, un temps, hésitait entre avocat et cardiologue, voulait "être au service de l’homme, de la haute couture". Il entame des études de droit à la suite d’une rencontre. "Au moment de faire un choix, j’ai eu l’occasion d’échanger avec des avocats que je connaissais. À leur contact, j’ai pris conscience que devenir avocat me permettrait d’avoir une plus grande mobilité à l’international. C’est ce qui a fait pencher la balance."

Avocat baroudeur

Ses premières années dans la profession l’orientent vers le droit des conventions internationales et l’arbitrage. Karl Hepp de Sevelinges ignore alors tout du monde des affaires et "n’imagine pas ce que cela peut être". Vingt-quatre ans après avoir passé l’examen du barreau, ce spécialiste des fusions-acquisitions, du capital investissement et du contentieux corporate ne regrette rien, bien au contraire. Désormais inscrit aux barreaux de Paris, de Francfort et de New York, il loue "la technicité du droit des affaires [qui] a été une belle découverte. Ce droit touche à tous les aspects de la vie."

Dès son entrée dans le monde du droit, Karl Hepp de Sevelinges réalise "qu’il est nécessaire de se distinguer dans un domaine ou une spécialité". Il décide alors de miser sur l’un de ses points forts : sa double nationalité franco-allemande. Né à Sarrebruck en Autriche, cet Européen convaincu place l’internationalisation de sa profession au centre de ses ambitions. "Ce que j’aime dans mon métier c’est son approche internationale, la pression et obtenir des résultats", commente-t-il. Un positionnement clair qui le conduit à intégrer l’équipe internationale de Gide en 1999.

"Ce que j’aime dans mon métier c’est son approche internationale,
la pression et obtenir des résultats"

 

Après des débuts au sein du german desk de la firme française, il est envoyé à Kiev en 2006. En Ukraine, Gide lui confie la lourde tâche d’ouvrir un bureau local. Cette expatriation, il l’a vécue "comme un challenge et l’occasion d’agir comme un entrepreneur". La mobilité internationale étant essentielle pour ce mordu de voyages, il passe six ans à Kiev avant de s'en aller à New York où il prend la tête de l’antenne de Gide, au cœur du centre des affaires nord-américain. Il se remémore ces deux années passées dans la grosse pomme : "La ville n’avait rien à voir avec l’Ukraine, baigner dans la culture américaine était totalement différent." De retour en France, il poursuit son chemin chez Gide jusqu’en 2015, date à laquelle il rejoint Jeantet, dont il prendra la tête en 2019.

Féru de nouvelles technologies, Karl Hepp de Sevelinges ne manque pas de souligner les évolutions qui ont marqué l’exercice du métier d'avocat. Pour lui, qui a connu les premiers échanges par email, la numérisation et aujourd’hui l’essor des legaltechs accélèrent les changements au sein de la profession et améliorent in fine la qualité des services rendus aux clients. Avocat d’affaires, il n’hésite cependant pas à porter la robe, comme à l’occasion de cette affaire franco-américaine qui lui avait permis de travailler en matière de succession internationale. Ou pro encore lors d’un dossier pro bono dans lequel il avait réussi à obtenir la libération d’étudiants allemands accusés de trafic de drogue au Qatar.

Garder les pieds sur terre

Si gagner en expérience passe par "le vécu et les situations tendues que l’on apprend à gérer en équipe, c’est la vie qui fait que les dossiers deviennent de plus en plus importants". Sa carrière, pleine de surprises, le pousse à reconnaître qu’il ne pensait pas "autant voyager dans [sa] vie professionnelle". Pourtant, bien qu’il prenne l’avion au moins une fois par semaine, l’avocat garde les pieds sur terre. Marié et père de trois enfants, il considère sa famille comme "un socle dont il veut profiter au maximum".

“Veni, vidi, vici“

Fier des valeurs "d’excellence, d’indépendance, d’audace, d’innovation et internationales" du cabinet Jeantet, l’avocat sait qu’avec le temps, les discussions avec les clients se sont ouvertes et les approches stratégiques peaufinées. "J’aime créer, faire avancer les choses et les développer, dit-il, mais c’est l’expérience qui m’a appris à convaincre et freiner le client quand c’est nécessaire." Et si, d’aventure, la place de managing partner chez Jeantet vous intéressait, "il faudra vous lever tôt ou prendre [votre] mal en patience". Karl Hepp de Sevelinges a de grandes ambitions pour le cabinet français et n’hésite pas à le faire savoir. Veni, vidi, vici.

Estève Duault

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