Sachez quelle personne vous voulez être et prenez des risques pour réaliser vos projets : voilà la ligne directrice de François Kopf, avocat spécialisé en droit des entreprises en difficulté.

Rendez-vous est donné autour d’une tasse de thé, François Kopf se raconte. Vingt-quatre ans après avoir prêté serment, celui qui est aujourd’hui co-gérant de Darrois Villey confesse avoir été toujours fasciné par le doit : "Le monde judiciaire m’a toujours plu. Dès le collège, j’ai souhaité devenir avocat en droit pénal. Je ne crois pas avoir voulu faire autre chose que du droit." Lorsqu’il rentre à la faculté de Nancy, il prend conscience de la diversité de la matière. De formation scientifique et attiré par les chiffres, il découvre le droit des affaires et débute en tant qu’avocat fiscaliste. Deux décennies plus tard, devenu l’un des grands noms du restructuring, il ne s’imagine pourtant pas faire autre chose : "J’aimerais avoir 1000 vies et pouvoir faire 1000 choses ; si je devais arrêter le droit, j’adorerais être entrepreneur. Mais la réalité est cruelle et je ne suis pas certain que j’en serais capable. Un avocat se focalise sur les risques pour qu’ils ne surviennent pas, l’entrepreneur lui voit d’abord les occasions qui se présentent à lui et les saisit. On ne raisonne pas de la même façon."

La performance juridique

Co-gérant, François Kopf se réjouit d’exercer dans ce qu’il considère être "le plus beau cabinet de Paris" : "Quand j’ai eu la chance de rejoindre Darrois Villey Maillot Brochier, je me rappelle m‘être dit : 'Quelle chance j'ai!'." Convaincu que "si on veut avancer, il faut prendre des risques", il cherche à transmettre ce précepte de vie à ses quatre enfants dont certains précisément se voient entrepreneurs. L’avocat, lui, se rappelle les aventures qui lui ont permis de se retrouver à Paris.

“Les carrières d’avocat ne sont pas linéaires, c’est comme la vie.
Quand on est en haut, il ne faut pas s’emballer, et quand on est en bas, il ne faut pas désespérer“

 

Alors en transit à Paris avant de partir faire son service militaire, il envoie son CV pour un stage dans un Big Four. À son retour, l’équipe avec laquelle il avait travaillé à cette occasion le rappelle et lui propose de rejoindre Herbert Smith, qu’elle vient elle-même d’intégrer. Le jeune avocat accepte l’offre, sans pour autant se projeter. Puis il rencontre sa femme, voyage, s’épanouit professionnellement et les raisons de rester s’accumulent. De ses débuts, il retient que "les carrières d’avocat ne sont pas linéaires, comme beaucoup de choses. Quand on est en haut, il ne faut pas s’emballer, et quand on est en bas, il ne faut pas désespérer."

Course, ski, randonnée en montagne… François Kopf parle à la fois de sport et de théâtre : "J’aime beaucoup la Comédie-Française, j’y vais souvent. Les comédiens, une fois sur scène, sont sur un fil, nus ou presque. Le public est là, il faut y aller, donner le meilleur de soi. Et, dès le lendemain, tout recommencer, sans se poser de question."  La performance. Voilà un concept que l’avocat partage avec ces artistes de la scène : "Dans notre métier, il faut à chaque  fois recommencer, démontrer à nouveau, convaincre encore. Et aborder chacun des dossiers comme le plus important de tous."

Du mentor au collaborateur

Secrétaire à la Conférence du stage en 2003, il retrouve le droit pénal et renoue avec ses premières ambitions. "Le droit pénal est une matière de combat, essentielle sur ses enjeux et les droits qui l’entourent. La défense pénale est difficile, l’environnement hostile, un domaine de loups solitaires. J’étais sans doute un peu tendre et je voulais travailler en équipe."  François Kopf cherche désormais à transmettre les leçons tirées de ses années de pratique et de ses rencontres, notamment celle avec son mentor Dominique Bompoint. "Je l’ai croisé à ma sortie de la Conférence du stage ; il m’a demandé de le suivre chez Sullivan & Cromwell. Ce que j’ai fait. J’ai appris mon métier à ses côtés et il m’a permis d’être l’avocat que je suis aujourd‘hui."

“Je savais précisément l’avocat que je voulais être“

Dès 1998, année de sa prestation de serment, François Kopf sait précisément l’avocat qu’il veut être. Et les leçons qu’il a retenues : "Avocat est avant tout un métier de labeur. Prime à celui qui travaille le plus, va le plus loin dans ses recherches et ses dossiers. C’est ensuite un métier d’expérience et chaque affaire terminée permet d’être meilleur sur la suivante." Remerciant les personnes qui l’ont fait grandir et les associés de Darrois Villey Maillot Brochier qui lui ont fait confiance pour devenir co-managing partner, il évoque ses années de collaboration, le travail "de forcené" qu'il a produit et les sacrifices, notamment par rapport à sa famille. S’il avoue "couper assez peu avec le travail et les dossiers", il reconnaît également disposer désormais d’une équipe qui lui permet de gérer ses dossiers et ses horaires. Avec son associé Mathieu Della Vittoria et entouré "de collaborateurs talentueux" pour lesquels il a de "grandes ambitions", il veut rappeler "qu’il faut croire en la providence puisque la chance se provoque. Que les opportunités viennent souvent là où l'on ne les attend pas et qu’il ne faut pas avoir peur de les saisir."

Estève Duault

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